PixaSao. Les écritures saintes.

In March 2012 the Royal Library of Belgium invited me to intervene in their space which had just opened; Librarium, museum of writing. It aims to list all traces of writing since its invention in Mesopotamia. However they forgot to deal with graffiti in this remarkable and fascinating history. It is from this realization that my first proposal of the integration of graffiti was developed.
I began by integrating into the permanent collection various objects with graffiti from the streets of Brussels – also one of my personal notebooks. Each artifact collected – or stolen – have been presented – and will be – in the windows of the Librarium close to a clay pictogram block dating 2000 years, or cards dating from the 6th century or books dating from the Middle Ages.
Meanwhile, I made ​​a trip to Sao Paulo, considered for many graffiti writers as a « mecca ». There, I met several pixadores whose passion for writing is amazing. The name of this exhibition : Pixa Sao: « Holy Writing » is a tribute.
During the exhibition the video Pixo Açao made by pixadores themselves was also presented.

En mars 2012, la Bibliothèque Royale de Belgique m’a invité pour intervenir dans leur espace, alors que venait tout juste d’être créé son musée de l’écriture, nommé Librarium. Ce dernier a pour vocation de répertorier l’ensemble des traces d’écriture depuis son invention en Mésopotamie. Cependant, cette remarquable et passionnante histoire avait omis d’aborder les graffiti. C’est à partir de ce constat que ma première proposition d’intégration de graffiti s’est développé.
J’entrepris donc d’intégrer dans la collection permanente divers supports présentant des graffiti -dont un de mes cahiers personnels – issus des rues de Bruxelles. Chaque artefact ainsi collecté – ou volé – furent présenté – et le seront encore- dans les vitrines du Librarium à coté de pictogramme dans des bloc d’argile datant d’il y a 2000 ans, de cartes datant du  6ème siècle ou encore de livres datant du moyen âge.
Entre-temps j’entrepris un voyage à Sao Paulo, ville considérée pour bon nombre de graffiteurs comme leur « mecque ».  Là-bas, j’ai pu rencontré plusieurs pixadores dont la passion pour l’écriture est stupéfiante. Le nom de cette exposition en témoigne. Pixa Sao :  écritures saintes en est un hommage.
Lors de l’exposition, la vidéo Pixo Açao réalisée par les pixadores eux mêmes était également présentée.

 

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I also had the great privilege to be able to work on the facade itself of this impressive architectural mass located in the heart of the Mount des Arts. Like political banners 8 large sheets covered with writing had been arranged. Based on the poem by Allen Ginsberg « Holy », in collaboration with Parole, 64 sentences were written each one revealing the sacred character of a different being on earth.

Alors, j’eu cet immense privilège de pouvoir intervenir sur la façade elle même de ce terrible mastodonte architectural situé au coeur du Mont de Arts. A l’instar de bannière politique 8 grande bâches recouvertes d’écritures y ont été disposées. Partant du poème de Allen Ginsberg « holy », en collaboration avec Parole, 64 sentences ont été écrites, chacune révélant le caractère sacré d’un être sur terre.

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It was during a festival called Museum Night Fever that I proposed to make several performance related to graffiti. My projects included, among other, to writ on the base of the library with extinguisher of painting the word « Unconstitutionally » (the longest french word) … It was acceptable for the directors of the museum « to expose graffiti », but intolerable to let me tag their building. 2 days before the big day, seeing the media report these performances, they ban me under pain of prosecution, and terminating our tacit agreement. Upon reflection I therefore proposed to public a performance in three acts. The first two deal with this incident: « Couvre chef » (Covers head) and Double pensée (Double thought). Putting myself as a schoolboy punished with a dunce cap, writing « I do not tag anymore Royal Library of Belgium » as being sick of it, the second acting as an employee,  cleaning the dirt from their museum. But what’s bred in the bone comes out in the flesh, fortunately. During this punishment that I inflicted myself, a writing school, sclerotic, snippets, winds pushed me freedom to have fun writing, inventing styles, actually:  to tag. During the cleaning, a sentence written in the clean soap – paradigm graffiti artist trapped between 4 walls – announcing my ascent to the roof of the library literally taking an assault, one against the world.
The last act. Smoke, to blush Mount arts. A tribute to the 1000 and 1 taggers of Brussels named one by one in a loud speaker. Then waving a flag of anarchy, so missunderstood, too often reduced to the chaotic, but here written in his letter of nobility. A A, beginning of everything, adorned with frills and style, that only those who have learned can read.
O PixaSao, holy writing.
O tageurs.

C’est lors d’un festival nommé Museum Night Fever que l’on me proposa de réaliser plusieurs performances lié au graffiti. Mes projets prévoyait entre autre d’écrire sur le socle de la bibliothèque à l’aide d’extincteur à peinture le mot « Anticonstitutionnellement »… Mais bien qu’il fut acceptable pour les directeurs du musées « d’exposer des graffiti », ils leur furent intolérables de laisser se faire taguer leur bâtiment en direct. 2 jours avant le jour J, voyant les médias annoncer ces performances, ces derniers me l’interdire sous peine de poursuite, résiliant ainsi notre accord tacite. Après réflexion je proposait donc au public une performance en 3 actes. Les 2 premiers traitant de cet incident : Couvre chef et Double pensée. La première me mettant à la place d’un écolier punis avec un bonnet d’âne, écrivant « je ne tageurai plus la Bibliothèque Royale de Belgique » jusqu’ à en être malade, la seconde me mettant à la place d’un employé de service nettoyant le musée de sa saleté. Mais dans un cas comme dans l’autre, le naturel revient au galop, fort heureusement. Lors de cette punition que je m’infligea, d’une écriture scolaire, sclérosée, des bribes, des vents de liberté me poussa à m’amuser à écrire, à inventer des styles, bref à taguer. Et lors du nettoyage, une phrase inscrite dans le propre du savon – paradigme de l’artiste graffeur enfermé entre 4 murs – annonçant mon ascension vers les toits de la bibliothèque littéralement prise d’un assaut, seul face au monde.
Le dernier acte. Fumigène, faire rougir le mont des arts. Un hommage aux 1000 et 1 tagueurs de Bruxelles, nommés mes uns après les autres dans un haut parleur. Brandir alors un drapeau d’une anarchie trop peu comprise, trop souvent réduite au sauvage, mais ici écrite dans sa lettre de noblesse. Un A, début de tout, orné de fioritures et d’un style que seul ceux qui ont appris peuvent lire.
O PixaSao, les écritures saintes.
O tageurs.

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Photo from the belgium news paper la Capital.

Photo provenant de La Capital, journal belge.

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Couvre chef. Bruxelles. 2012.

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Double pensée. Bruxelles. 2012.

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Holy writers. Bruxelles. 2012

 

ecrituressaintessmal from Obetre on Vimeo.