TAG

With Parole we were invited for an exhibition simply named TAG at the Cosmopolis in Nantes. What could be more exciting than talking about this ugly duckling, the black beast of art and graffiti itself ? What could be more complex for us to get it into the white cube, the museum? And how many times have we heard: « I love graffiti but tags … ».

We were motivated, full of energy and good feelings to expose it. Ok but in an other way.

We first start in creating wooden articulated robots, slightly painted. Through these childish toys appearances we have addressed some of the hidden faces of the tag: the police violence, the lucrative trade of buffering, the ingenious techniques of taging such as the use of the extinguisher or the human scale . We also talked about a precursor and his time in prison: Harald Naegeli, the sprayer of Zurich. Did you know he was sentenced to three years in prison, escaped Germany, was supported by J.Beuys, members of Fluxus and others, then once back in Switzerland served 9 months?
Turn the crank and watch what wood heats tageurs … and what wheels plays this significant world of TAG …

 

Nous avons été invité Parole et moi à une exposition simplement nomée TAG. Au Cosmopolis à Nantes. Quoi de plus enthousiasmant que de parler de ce vilain petit canard, de cette bête noir de l’art et du graffiti lui même? Quoi de plus complexe pour nous que de le faire entrer dans cette boîte blanche qu’est le musée? Et combien de fois avons nous pu entendre : « j’aime les graffs mais les tags par contre… ».

Nous étions remontés, à bloc, plein de verve et bon sentiments, de vouloir l’exposer d’accord mais autrement.

Nous nous sommes lancer premièrement dans la création d’automates en bois articulé, légèrement peint. Au travers de ces jouets en apparences enfantins nous avons abordés de certaine face caché du tag : celle des violences policières, celle du commerce lucratif de leur effacement, de technique ingénieuse tel l’usage de l’extincteur à peinture ou de l’échelle humaine. Nous avons aussi parlé d’un précurseur et de son séjour en prison : Harald Naegeli, le pulverisateur de zurich. Saviez vous qu’il avait été condamné à 3 ans de prisons, s’est évadé en Allemagne, a été soutenue par J.Beuys, des membres de Fluxus et d’autres personnalités, puis une fois rentré en Suisse a purgé 9 mois de prison?
Tournez la manivelle et regardez de quel bois se chauffe les tageurs… et de quels rouages se joue ce étrange monde du Tag…

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Nous ne sommes pas dangeureux. Installation. Obetre & Parole, Nantes, 2010.

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Harald Naegeli. Obetre & Parole, Nantes, 2010.

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Pixadores. Obetre & Parole, Nantes, 2010.

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Hypnotic lines. Obetre & Parole, Nantes, 2010.

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Bavures policières. Obetre & Parole, Nantes, 2010.

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Dans la gueule du loup. Obetre & Parole, Nantes, 2010.

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Here Cavte (Prudence), a painting done in collaboration with S. (which you will find an essay in French on this work shortly after), F3riz and E.Maradon. We assembled as a major mechanism so many texts of philosophers, sociologists, artists, journalists about the tag. This is the result of almost seven years of research and compilation; almost everything is said … and yet « the tag remains a mystery. »

Voici Cavte (Prudence), une toile réalisée en collaboration avec Sebastien Marandon (dont vous trouverez un essai en français, sur ce travail, peu aprés), F3riz et Emilie Maradon. Nous y avons assemblé sous la forme d’un grand mécanisme de nombreux textes de philosophes, sociologues, artistes, journalistes à propos du tag. Il s’agit là du résultat de prés de 7 ans de recherches et de compilation, tout y est dit ou presque… et pourtant « le tag reste un mystère ».

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Ce travail est une expérience collective. Il a été réalisé par des personnes différentes tant au niveau des statuts, des métiers, des parcours et des personnalités.
C’est tout à la fois un dialogue, un instantanée, un bilan, un thésaurus et une représentation figée de réflexions en constante évolution.
Cette toile est une tentative de penser la complexité, les contradictions et les ambivalences du mouvement graffiti.

C’est surtout une méthode, c’est à dire une mise en forme du monde et une invention de techniques qui cherchent à attraper la réalité et à la devancer.
C’est aussi un dictionnaire et une polyphonie de voix passées, présentes et futures, de voix discordantes qui ont tenté d’offrir des significations à la multiplication anarchique des tags.
L’addition de nos identités, de nos pratiques et de nos histoires forment un organisme/organisation-la toile-d’où émerge des taches, des jets, des ellipses, des angles, des courbes, et des traits de création qui ne sont pas réductibles à ce que nous sommes.

Cette oeuvre n’est donc pas née d’un programme, avec une construction préécrite à l’avance mais grâce à une combinaison inattendue de stratégies individuelles, où les uns et les autres se sont constamment adaptés aux surgissements de nos réflexions respectives.

Les automates, les machines et les autres appareils fonctionnent comme des articulations qui lient et structurent des sensations, des émotions et des discours antagonistes.

Ils génèrent et produisent non des idées standardisées et mécaniques, mais un flux herméneutique continu qui est contraint de se réorganiser de manière permanente.Nous cinq, sommes des machines désirantes et non des « appareils » soumis par le diktat des besoins; machines dont les rouages, les poulies et les engrenages se choquent et s’entrechoquent en d’étranges spires stochastiques, boucles rétroactives, qui usinent de la nouveauté, de l’imprévisible, du sens partageable et habitable.
Merci à Edgar Morin, Michel Foucault, Gilles Deleuze (et tant d’autres) qui ont en commun la volonté de dérouler une pensée complexe, totalisante et non totalitaire, où l’aléa, le désordre et la contradiction sont des moteurs créatifs d’où naissent des rhizomes de significations.
Merci à eux, pour leurs mots et leurs outils, pour le vif et l’incisif, qui nous ont permis de démonter et de critiquer la simplification excessive des pouvoirs qui veulent réduire le tag à une simple incivilité et l’expression d’une délinquance adolescente. Le tag et le graffiti sont cela et tellement plus et absolument pas.

Enfin notre toile est une invitation à toutes les divagations du regard, aux promenades diurnes et nocturnes afin d’entrevoir l’incroyable foisonnement artistique de ce mouvement.

S. Marandon (Bruxelles, 2010).

 

During the exhibition I have also presented two video works. The first is called « le tag en debat ». I spent a week at Garage Cultural inviting passers-by to come and say what they thought of  tag. Director of an art center, an angry neighbor, a tager converted into a brigadier anti-graffiti, an real graffiti amateur. These stories have a wide variety of views. Far from presenting a series of cartoons, this video shows how there is no general consensus on the issue of tag. But what are doing the media? Governors to preach policies so simplistic?

Lors de l’exposition j’y ai présenté aussi 2 travaux de vidéos. Le premier s’intitule le tag en débat. J’ai passé une semaine au Garage Culturel à inviter des passants de la rue à venir dire ce qu’il pensent sur le tag. Du directeur du centre d’art, au voisin faché, au tageur reconvertien brigadier anti-graffiti à l’amateur inconditionnel,  ces témoignages présentent une large variété de point de vue. Loin de présenter une série de caricatures, cette vidéo montre au combien il n’y a pas de consensus général autour de la question du traitement du tag. Mais que font dés lors les médias? les gouverneurs  pour précher des politiques si simpliste?

 

In this latest video a speaker trough this inspiring and famous sentence : « The tag is like dog pee. » So me and Parole, we made this video last called. « Mi-mi-master dog I piss therefore I am. »

Dans cette dernière vidéo un intervenant balance la fameuse et inspirante sentance assénée au tag et à ses amateurs : « le tag, c’est comme le pipi de chien ».  Alors moi et Parole, nous avons réalisé cette vidéo intitulée.  « Mi-maître mi-chien: je pisse donc je suis ».